Quand l’anxiété tue notre plaisir de la musique…

Je le dis souvent, j’ai créé Le Jardin Musical, une école de musique lumineuse, chaleureuse, vibrante, pour permettre au plus grand nombre de personnes de transformer positivement leur vie par la pratique active de la musique. La musique a changé ma vie, elle peut changer la vôtre.

Mais ce dont je parle moins, c’est de la souffrance profonde, physique et psychologique, qui m’a accompagnée tout au long de mon parcours musical. Allant jusqu’au burn-out, jusqu’à la fibromyalgie, allant jusqu’à devoir arrêter de jouer et tout réapprendre à cause de mes douleurs musculaires, allant jusqu’aux milles doutes de mes compétences et de vouloir tout lâcher…

Paradoxal peut-être, mais en fait les deux sont intimement liés. Je ne veux pas que les passionnés de musique aient à souffrir autant que moi. J’ai envie que leur passion soit nourrie, et j’ai surtout envie que si des défis se présentent sur leur parcours, ils trouvent les ressources en eux et autour d’eux pour les aider à surmonter les difficultés avec confiance et confort.

On parle souvent des bienfaits de la musique, de son pouvoir calmant, relaxant, de ses bienfaits sur le cerveau, de la musicothérapie, etc. Mais on parle rarement de ce qui se cache DERRIÈRE le fait d’apprendre la musique.

Je vais vous parler aujourd’hui d’anxiété de performance. C’est une forme d’anxiété très sournoise, qui peut se faufiler en nous-même à tout moment de notre parcours musical… même lorsqu’on est loin d’être en concert ou en concours!

On parle d’anxiété de performance dès que l’on ressent du mal-être en vue d’un « résultat », sans prendre plaisir au processus. Comme on vit dans une société du « résultat immédiat », on peut facilement tomber dans le piège de l’anxiété de performance, sans s’en rendre compte! Et même dès les premiers cours de musique!

Bien sûr, elle peut toucher les musiciens professionnels qui doivent souvent jouer en concerts, en auditions, en concours, etc. Mais ce dont on se doute moins, c’est qu’elle peut toucher les élèves, les profs, même les parents!

Je ne suis pas psychologue, ni thérapeute, ni travailleuse sociale ou éducatrice spécialisée. Par contre, j’ai vécu l’expérience de l’anxiété de performance de l’intérieur, parmi tous les rôles mentionnés plus haut : en tant qu’élève, en tant que musicienne, en tant que prof, en tant que parent.

Elle et moi, on se connait très bien, peut-être trop bien…tant mieux pour moi maintenant, parce qu’elle m’a forcée à aller chercher de nombreux outils pour l’apprivoiser et la comprendre. On est presque rendue Chummy-chummy! Je suis très heureuse de pouvoir partager mes découvertes avec vous aujourd’hui, je suis sûre que plusieurs d’entre vous vont se reconnaître, vous serez peut-être surpris…

Aujourd’hui, je vais vous donner les grandes lignes de mes prises de conscience, surtout pour que ça vous allume des petits drapeaux rouges. L’observation de soi et la prise de conscience est le pas le plus important. Ensuite, on peut se tourner vers des ressources appropriées, envisager des solutions, prendre action, et réajuster le tir. Et surtout, retrouver le PLAISIR de JOUER de la MUSIQUE!

Voici d’abord 3 signes que vous vivez probablement de l’anxiété de performance :

Pour les élèves (donc ce que vous allez remarquer chez votre enfant) : Bonjour oubli du plaisir et de l’exploration!

-Même s’il aime beaucoup la musique, ne veut pas aller à son cours (ça peut cacher une peur de ne pas être à la hauteur des exigences -réelles ou perçues- du prof ou du parent). Vous remarquez une grande différence d’avec les premiers cours. Semble avoir « peur » d’y aller.

-Aime jouer de son instrument, est même très bon pour apprendre quelque chose rapidement, improviser ou trouver une pièce à l’oreille. Par contre, quand vient le temps de se concentrer et de « pratiquer », trouve des excuses, bouge beaucoup, son « attitude physique » change (corps plus affaissé, épaules basses, visage renfermé).

-Que ce soit pour les cours, pour la pratique, ou pour jouer en concert, l’enfant parle avec un langage dans « l’absolu » : je ne suis PAS CAPABLE, je me trompe TOUJOURS, TOUT LE MONDE est MEILLEUR que moi, je suis le plus NUL. Ça peut être un langage extériorisé, ou encore un discours intérieur répétitif.

Pour les musiciens : Bonjour auto-flagellation et montagnes russes!

-Signes semblables mentionnés plus haut, lors de la pratique, des concerts, etc.

-On peut ajouter des signes physiques lorsqu’on pense à la performance qui s’en vient : douleurs chroniques, sueurs, crises de panique, trou de mémoire, tremblements intenses, goût de vomir, etc.

-Autosabotage (éviter de pratiquer, « oublier » de se présenter aux répétitions, arriver en retard), on encore abandonner complètement la pratique musicale et se couper de sa passion pour se tourner vers un autre domaine professionnel.

Pour les professeurs (et oui!) : Bonjour syndrome de l’imposteur et du super-héros!

-Ne pas se sentir à la hauteur pour accompagner tel ou tel élève doué ou au contraire en grandes difficultés, ou qui a une personnalité très différente de la nôtre.

-Sentir une pression, un stress lorsque vient le temps de jouer devant son élève. Avoir peur de se tromper et de montrer à l’élève que l’on se trompe aussi.

-Sentir une pression et un stress face aux parents de l’enfant, soit parce qu’ils ont des attentes élevées, ou remettent en question nos stratégies d’enseignement, ou encore parce que l’on doute de soi et on a peur qu’ils pensent la même chose que l’on se dit dans notre discours intérieur.

Pour les parents : Bonjour sentiment d’incompétence et culpabilité!

-On se met de la pression pour bien accompagner notre enfant dans son parcours musical, on croit qu’on devrait tout savoir et tout connaître, sinon il n’avancera pas assez vite.

-On se sent mal à l’aise face au prof si notre enfant n’arrive pas encore à bien jouer ce qui était demandé, on croit que c’est notre faute.

-On se sent obligé de faire pratiquer notre enfant, même si aujourd’hui on est débordé, fatigué, ou que l’on voit que notre enfant n’est pas « disponible » pour la pratique. On est trop centrée sur « Oui, mais on va avoir l’air fou devant le prof au prochain cours ».

Vous voyez, dès que l’on ressent du mal-être en vue d’un « résultat », sans prendre plaisir au processus, on est aux prises avec de l’anxiété de performance. De plus, si on sent un très grand décalage entre nos compétences (perçues) et les compétences requises (perçues), un augmente notre anxiété de performance.

On se demande de performer au quotidien! Et la musique là-dedans, elle est rendue où? Ne dit-on pas « JOUER » de la musique?

C’est fou, hein, tout se qu’on vit à l’intérieur, que l’on garde à l’intérieur, et qui gâche justement…ce qui vient du plus profond de nous!

Vous êtes-vous reconnu?

La beauté dans toutes ces situations, c’est qu’elles peuvent être temporaires, elles nous amènent à s’ouvrir aux autres, et elle nous confronte à notre passion première, pour nous y ramener finalement.

Je vous quitte avec trois pistes de solutions pour ne plus vous laisser envahir par l’anxiété de performance :

-Parlez-en à des gens de confiance (collègues, parents, professeurs, etc.) pour briser la glace et enlever une première couche de tension. Vous serez sûrement surpris qu’ils vivent la même chose que vous.

-Si la situation persiste, allez vers des ressources spécialisés (psychologues, psychothérapeutes, coachs certifiés, etc.).

-Soyez doux envers vous-même, trouver des façons de connecter avec votre passion dans un contexte complètement libre, rappelez-vous de ce qui vous faisait vibrer au tout début de votre parcours, et jouez avec d’autres personnes pour briser l’isolement.

Voilà! C’était un condensé de près de 30 ans d’expériences musicales sous toutes sortes de rôles! J’espère vraiment que ça vous a aidé!

SVP partagez en grand nombre, car je crois que trop de passionnés de la musique souffrent en silence!

N’hésitez pas à me contacter pour approfondir le sujet, j’en ai BEAUCOUP à raconter et à partager!

Merci de votre écoute et… Vive la musique!

Émilie xxx

Ps : J’en profite pour remercier profondément tous ceux qui m’ont accompagnée à travers mes difficultés, notamment mes parents, ma physiothérapeute pendant des années Jocelyne Rochon, mes enseignant(e)s d’université Martin Foster et Yukari Cousineau, et ma coach PNL actuelle Marisol Michaud.

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