La fois où j’ai sacré 3 fois…en public!

Eh oui, je suis une personne douce, je parle (assez) bien, mais il y a une semaine, vous ne m’auriez peut-être pas reconnue en m’entendant lancer 3 « tabarn*/& » bien francs! En public!

J’ai un petit côté givré 😉 !

Laissez-moi vous raconter un peu…

Nous sommes vendredi. Je suis allée chercher ma fille à son école, c’était l’exposition des œuvres d’art plastique de fin d’année. On regarde tout un peu en vitesse, on félicite notre chérie, on est bien fier d’elle! On doit se dépêcher tout de même, elle doit souper avant d’aller à sa répétition générale pour son spectacle de danse. Je connais bien l’importance d’assister à la répétition générale, je demande la pareille aux élèves et aux parents du Jardin Musical!

Je fais souper ma fille, je prépare son costume, sa veste, sa collation et son livre pour la soirée. J’essaie de penser à tout.

On arrive, tout juste, mais au moins on est là! Une partie de moi est fière. Oui, nous avons résussi! J’ai réussi à organiser mon horaire à l’école pour permettre à ma fille de faire son spectacle. Je peux même venir à la générale, je peux être là pour la coiffer (papa n’excelle pas encore dans cette tâche), je suis là pour penser aux petits détails, j’ai pensé d’acheter les billets, prévenir les grands-parents, aller aux répétitions spéciales, prendre les photos, bref, JE SUIS LÀ! ON EST LÀ!

L’an passé, ma cocotte n’avait pas pu participer à son spectacle. C’était tout simplement impensable côté organisation familiale, moi qui étais trop prise avec le Jardin, mon conjoint qui faisait tout ce qu’il pouvait pour s’occuper des enfants lors de mes absences, notre petit coco autiste qui demandait des suivis…l’énergie et les bras manquait pour permettre à notre fille de vivre cette expérience.

Culpabilité…et oui, c’est fou comme on s’en demande comme parent, non? On cherche la meilleure garderie, on cherche la meilleure école, on cherche les meilleurs cours, les meilleurs profs. On s’impose de faire le taxi, d’être de bonne humeur malgré tout, de se presser (et de presser nos enfants parfois), de payer tout à temps, d’acheter les instruments, les costumes, les photos, etc. et en plus on se sent mal et on se tape nous-même sur la tête si on dit non, ou si plutôt on dit oui à autre chose (comme garder des fins de semaines tranquilles sans rien au programme). Comme je l’ai écrit dans un autre texte, l’anxiété de performance se glisse rapidement dans notre quotidien, même en tant que parents…(lire : https://www.lejardinmusical.ca/quand-lanxiete-tue-notre-plaisir-de-la-musique/)

Donc, cette année, « je m’impose » d’inscrire ma fille à son spectacle de danse, je suis contente qu’elle puisse y participer, j’organise tout en conséquence. Je me sens « un bon parent »…

Elle et moi sommes arrivées à la salle de spectacle et de répétition, juste à l’heure. Il y a plein d’élèves, plein de parents, mais bizarrement, pas de table d’accueil. Pas de bénévoles. Pas d’indications… Plein de gans qui attendent, mais personne qui ne semblent s’occuper de rien. (La directrice d’école en moi prends de notes, je ne veux pas que les parents de mes élèves se sentent perdus et laissés à eux-mêmes comme ça lors de nos spectacles !).

J’attends avec ma fille…10-20-30-40 minutes! Mais quelle mauvaise organisation, que je me dis à moi-même! On nous convoque à une certaine heure et rien ne se passe ?!? J’essaie de rester calme, mais le stress monte graduellement.

Finalement, j’entre dans les coulisses par une porte. Je longe les couloirs. J’arrive enfin à des locaux avec des bénévoles devant, des listes d’élèves. Je tente de trouver le nom de ma fille, j’arrive devant ce qui semble être le groupe d’âge de ma fille, je dis son nom…rien. Je ne reconnais pas les visages de personne. Ils me disent que c’est le spectacle, je réponds « Bien non, c’est la générale, le spectacle est demain ! ». Et tout d’un coup j’allume! « Vous êtes de quelle école de danse ?!? », que je demande, en devinant la réponse … 

Je ne me rappelle plus du nom que j’ai alors entendu, mais CE N’ÉTAIT PAS LE NOM DE L’ÉCOLE DE DANSE DE MA FILLE !!!

JE SUIS À LA MAUVAISE SALLE ET J’ATTENDS DEPUIS 45 MINUTES !!!

ON EST VRAIMENT EN RETARD À LA GÉNÉRALE, QUI EST À UNE TOUTE AUTRE SALLE !!!

Et moi de m’exclamer : « Ah ben TABARN*%&! » 

Pas tabarnouche.

Pas tabarouette.

On bon vrai Tabarn*%& bien assumé! À haute voix!

Pas une, pas deux, mais bien 3 fois!

Une chance, ce n’était pas envers les profs, pas envers les bénévoles, pas envers ma fille… mais c’était bien envers moi-même!

Cordonnier mal chaussé, vous dites?

Sans perdre de temps, on se dirige vers l’autre salle de spectacle. Heureusement ma fille arrive avant que son groupe passe sur scène. Et l’organisation des profs et des bénévoles était vraiment parfaite finalement. Tout finit bien. Elle fera son spectacle le lendemain, toute heureuse, et oui, on sera content pour elle, fiers, mais aussi (peut-être à torts?), on aura l’impression d’avoir accompli notre « travail de parent ».

Mais après avoir laissé ma fille à sa répétition générale (la vraie), je suis allée prendre un chocolat chaud dans une boulangerie pour décompresser de ma journée. Je repense à ce qui vient juste de se passer…et je me mets à rire!!! Mais à rire !!! Je ris toute seule à ma table!

Je n’ai pas vu la réaction des gens autour de moi à la salle quand tout ça est arrivé, mais ça devait être « priceless »! J’imagine les mamans scandalisées que leur petite fille entendre de si gros mots! Les profs un peu découragées de voir une maman si perdue! Ma fille qui pensait peut-être que quelque chose de grave arrivait?..

Et bien sûr je me mets à relativiser sur la gravité de ce qui vient de se passer, et de la pression qu’on se demande comme parent! Ouf!

Est-ce que c’est si vital que mon enfant prenne des cours? Non

Est-ce que c’est si vital qu’elle fasse le spectacle? Non

Est-ce que j’ai le droit de me tromper dans le millier d’informations à gérer en tant que parent? Oui

Est-ce qu’on peut en rire? Oui

Est-ce qu’on peut se calmer les nerfs un peu? Oui

Est-ce qu’on peut se donner une petite tape d’encouragement pour se dire qu’on fait de notre mieux, selon nos valeurs, notre énergie, nos ressources pour nos enfants? Oh que oui!

Alors voilà, cette situation m’a ramenée « sur le plancher des vaches » comme on dit. Ça m’a aussi permis d’être plus empathique envers tous les parents du Jardin Musical. Oui, on s’en demande beaucoup comme parent, parce qu’on faire tout ce qu’on croit être le mieux pour notre enfant. Mais le plus important, c’est de nous donner le droit d’être: humain!

On est dans le même bateau, et ne vous en faites pas, je comprendrai si vous venez à la mauvaise salle de spectacle dimanche prochain 😉

Émilie xx

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